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(fr) ucl-saguenay: [Rojava] Défendre Afrin contre le fascisme turc. par Collectif Emma Goldman

Date Mon, 19 Feb 2018 07:41:45 +0200


Après des mois de pilonnage sur le canton d'Efrînê par les forces militaires turques installées de l'autre côté de la frontière, le gouvernement d'Ankara a décidé de mettre en branle l'opération Rameau d'olivier. Le 20 janvier dernier, plusieurs avions de chasse turques ont bombardé la ville d'Efrîn (Afrin en français) alors que des troupes au sol tentaient d'entrer sur le territoire kurde. ---- Résultat de l'opération: 6 civils tués et 10 blessés alors que plusieurs dizaines d'autres ont vu leur maison rasée par les bombes. Les intentions du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, sont clairs. Il souhaite anéantir toute possibilité d'un territoire autonome au Rojava et la mise en place du Confédéralisme démocratique[1]. Effectivement, un Rojava autonome viendrait galvaniser les Kurdes du Bakur[2]où le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, Partiya Karkerên Kurdistan) résiste au gouvernement turc depuis plus de 40 ans. Mais Erdogan n'a pas l'intention de s'arrêter à Efrîn. Il a très clairement annoncé ses couleurs: «Ensuite, ce sera Manbij[...]Plus tard, étape par étape, nous débarrasserons notre pays jusqu'à la frontière irakienne de cette croute de terrorisme qui essaye de nous assiéger» a-t-il déclaré dans les médias turcs. Ankara désire ainsi créer une zone tampon de 30 km à sa frontière avec le Rojava afin de «protéger» son intégrité territoriale. Il est pertinent de souligner que Erdogan et son gouvernement n'avaient pas senti le besoin de mettre en place une telle zone quand l'État islamique cognait à sa frontière lors de la bataille de Kobanî.

Petite mise en contexte: L'impérialisme frappe encore

En mars 2017, les représentants kurdes ont conclu un accord avec les Russes: Moscou allait pouvoir établir une base à Efrîn en échange d'une promesse de protéger le canton contre la Turquie. Le 18 janvier 2018, une mission diplomatique turque s'est rendu dans la capitale russe afin de discuter de la situation en Syrie et au Rojava. Deux jours plus tard à la base aérienne russe de Hmeimim, des représentants du gouvernement syrien ont formulé aux dirigeants des YPG[3]ce qu'ils considéraient être l'une de ces «offres que vous ne pouvez pas refuser». Selon un représentant de la Fédération démocratique de la Syrie du nord[4], les Russes ont affirmé qu'ils protégeraient Efrîn à condition que la ville passe aux mains du gouvernement syrien de Bachar al-Assad. Timur Akhmetov, analyste du Conseil des Affaires Internationales de Russie, a déclaré à Ahval News que le transfert d'Afrin au gouvernement syrien était vital afin de permettre aux Russes de montrer aux Kurdes, dispersés un peu partout en Syrie, «qu'ils peuvent s'auto-gouverner tout en gardant le gouvernement syrien en charge de la sécurité et des frontières.». Le message est clair, les Kurdes ont besoin de Damas pour survivre. Devant cet affront, les YPG/YPJ ont refusé l'offre, entraînant ainsi le retrait des troupes russe de la ville d'Efrîn. Ce retrait de troupes russe laissa le champ libre à l'armée turque pour lancer son opération Rameau d'olivier. Du côté des ''alliés'' américains, c'est toujours le même modus operandi: sacrifier les Kurdes. Le seul geste des États-Unis a été de ''conseiller'' à leur partenaire de l'OTAN d'éviter les dommages collatéraux. «Essayez d'être précis, essayez de limiter votre opération, essayez de faire preuve de retenue, voyons si nous pouvons travailler avec vous pour créer le genre de zone de sécurité dont vous pourriez avoir besoin» leur a ''demandé'' le secrétaire d'État Rex Tillerson. Belle foutaise.

Sur le terrain: crimes contre les civils et résistance kurde

Depuis le 20 janvier 2018, 180 civils ont été assassinés par des frappes aériennes ou des tirs d'artillerie menés par l'armée turque. Il faut ajouter à cela 413 civils blessés. Les avions de combat turcs ont effectué 668 attaques aériennes sur des zones civiles, détruisant au passage des infrastructures comme la station d'eau douce, des écoles, des boulangeries et des fermes d'élevage. Du côté des Forces démocratiques syriennes[5], 98 combattant.e.s sont tombé.e.s au combat alors qu'on dénombre 862 soldats turcs et membres des groupes affiliés tués (djihadistes de l'Armée syrienne libre)[6]. Malgré tous les crimes commis, même la deuxième plus grande armée de l'OTAN est incapable de progresser face à la résistance des Kurdes et de leurs alliés.

Les femmes se lèvent pour Afrin!

Voici un extrait de l'appel à la campagne mondiale: Les femmes se lèvent pour Afrin!

Depuis le 20 janvier 2018, la région kurde d'Efrin, dans la Fédération démocratique du nord de la Syrie, est la cible de violentes attaques de l'armée turque et des bandes djihadistes affiliées. De jour comme de nuit, nos villes et villages, nos camps de réfugiés, nos sites historiques et sacrés sont bombardés par les avions de guerre et l'artillerie turcs dans le but de dépeupler et d'occuper la région. Étant donné que la population internationale n'a pris aucune mesure adéquate contre cette agression, nous sommes confrontés chaque jour à de nouveaux crimes de guerre et à de nouvelles victimes civiles. Les femmes sont devenues la cible de viols, d'agressions sexuelles cruelles et de mutilations de leur corps par l'armée turque et les bandes affiliées.

Alors que les institutions internationales et les gouvernements des États gardent le silence sur les violations du
droit international et les crimes de guerre, nous croyons que la solidarité internationale des femmes sera notre
arme la plus puissante pour vaincre le fascisme et le patriarcat. En marchant sur les traces d'Ishtar et de ces femmes qui ont créé et défendu la vie communautaire, nous appelons les femmes du monde entier à se lever pour défendre Efrin et les valeurs de l'humanité! Renforçons les réseaux et les actions de solidarité internationale des femmes pour répandre la révolution des femmes dans le monde entier!

Nous appelons toutes nos soeurs du monde entier à agir d'urgence et à se joindre à la campagne en utilisant et en diffusant #WomenRiseUpForEfrin dans les manifestations locales, les actions créatives, les marches et les campagnes de médias sociaux.

* Halte à l'invasion turque et à l'agression d'occupation sur Efrin - Halte au génocide et au féminicide!
* Se lever pour la protection du peuple, de la terre, du patrimoine culturel et historique d'Efrin!
* Se lever pour la défense de l'autogestion démocratique et écologique à Rojava et dans le nord de la Syrie!
* Défendre Efrin, c'est défendre la Révolution des Femmes - "No pasaran" au fascisme d'Erdogan!

Kongra Star, Efrin, 8 février 2018

Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant cette nouvelle agression de la Turquie sur le peuple kurde. Nous devons appuyer la résistance kurde et leur projet de confédéralisme démocratique. Pour l'autonomie, le féminisme et l'écologie!

Vigile de soutien au peuple kurde:

Jeudi 15 février à 19h à la Place du Citoyen, sur la rue Racine, au centre-ville de Chicoutimi.

[1]Pour plus d'informations sur le confédéralisme démocratique:

Le confédéralisme démocratique comme alternative, lien ici.
Le confédéralisme démocratique, brochure écrite par Abdullah Öcalan. PDF ici.

[2]Kurdistan turc.
[3]Yekîneyên Parastina Gel / Unités de protection du peuple. Branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD, Partiya Yekîtiya Demokrat)
[4]En décembre 2016, pour souligner son attachement au pluralisme plutôt qu'à la politique identitaire kurde, le Rojava a changé de nom pour «Fédération démocratique du nord de la Syrie».
[5]Les Forces démocratiques syriennes sont composées en majeure partie de combattant.e.s des YPG/YPJ. Elles regroupent aussi d'autres groupes rebelles ou tribus locales comme l'Armée Al-Sanadid.
[6]Les chiffres proviennent du bilan des opérations militaires dévoilé le 12 février par le centre de presse des Forces démocratiques syriennes.

http://ucl-saguenay.blogspot.co.il/2018/02/rojava-defendre-afrin-contre-le.html
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