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(fr) UCL-Saguenay - Autonomie italienne: «Ils ne voulaient plus être ouvriers. Ils voulaient vivre...»

Date Tue, 11 Jun 2019 22:50:23 +0100


Depuis 2015, le Collectif anarchiste Emma Goldman a multiplié les initiatives (marmites autogérées, marchés gratuits et l'Espace social libre, un projet de centre social au centre-ville de Chicoutimi) afin de contrer un tant soit peu la vie chère engendrée par des embourgeoiseurs (promoteurs privés et publics) qui font grimper les prix des logements et qui génèrent une désertification alimentaire du quartier. Mais aussi pour lutter contre ces gouvernements qui finissent toujours par nous demander de nous priver ou à nous endetter davantage tout en travaillant plus. C'est donc sans attendre l'aval de personne, et avec nos seuls moyens, que nous avons décidé de travailler à recomposer un tissus social sur de nouveaux plans en démontrant dans l'action comment pourrait s'organiser une communauté solidaire et une économie de l'entraide et du don. ---- Pour faire  face au vent d'austérité et aux embourgeoiseurs, ces formes d'intervention, qui favorisent l'auto-organisation et l'autonomie, s'inspirent de différents mouvements de résistance. Notamment les actions menées par des anarchistes grecs, le programme de survie du Black Panther Party (lien vers le texte), mais aussi de l'autonomie italienne qui a été l'un des seuls mouvements de masse que l'on peut véritablement qualifier de révolutionnaire dans la deuxième moitié du 20e siècle. Bien que le contexte italien de l'époque s'avère assez particulier, de nombreux enseignements pratiques peuvent en être tirés pour les luttes à venir. ---- L'Italie des années 1970: «révolutionner la vie ici et maintenant» ---- Les origines du mouvement autonome italien se trouvent dans la convergence des mouvements ouvrier et étudiant de 1968-1969, connus aujourd'hui sous les noms du Mai rampant et de l'Automne chaud. Les luttes qui suivirent en Italie sont caractérisées selon Marcello Tarì, l'auteur du livre Autonomie! Italie, les années 1970, par le «refus ouvrier de se reproduire en tant que force de travail disponible[...]et la diffusion du conflit en dehors des usines» (Tarì, p.20)

L'autonomie fait référence à une forme d'organisation des luttes en dehors des syndicats et des partis. Il s'agit d'un refus de la délégation/représentation et d'une volonté des gouverné.e.s et des exploité.e.s de prendre en charge leurs affaires. Il s'agit donc d'un rejet de la médiation, d'une méfiance envers les institutions et d'un refus d'attendre une hypothétique révolution concoctée par les élites d'un parti. «Ils ne voulaient plus être ouvriers. Ils voulaient vivre, ils voulaient satisfaire leurs besoins, ils voulaient créer de nouvelles communautés.» (Tarì,p.26)

Sur le plan idéologique, il s'agit d'un mouvement social complexe et impossible à classer. On y retrouve des anciens membres du Parti communiste italien (PCI), des personnes qui se revendiquent d'un communisme de conseil, des trotskistes et des maoïstes, d'autres de différentes tendances de l'anarchisme dont des communistes libertaires. (Tarì, p.34)

Les autonomies

Il est plus juste de parler des autonomies, celles des ouvriers et des ouvrières, des femmes et des homosexuels qui forment des groupes d'auto-conscience, des étudiants et des étudiantes, des prisonniers et des prisonnières, des enfants, etc. Comme le souligne Tarì: «autonomie de quiconque aurait choisi la voie de la lutte contre le travail et l'État,[...]et de la subversion de la vie ensemble avec d'autres.» (Tarì, p.53)

«Prenons la ville!»

À Milan, des cantines illégales sont organisées par les autonomes à l'intérieur des usines  alors que dans la ville, des personnes mettent sur pied des «marchés rouges» où «l'on peut acheter des produits à des prix beaucoup plus bas que ceux des circuits de distribution normaux.» (Tarì, p.28).
Entre 1973 et 1975, des collectifs autonomes déclenchent des luttes dans les quartiers populaires romains à partir des problèmes liés au logement. En 1974 à Rome, plus de 5000 appartements sont squattés en l'espace de trois semaines. Dans la capitale italienne et à Milan, des centaines de familles des classes populaire et ouvrière occupaient des immeubles entiers où elles mettaient en place des crèches (garderies), des dispensaires, des centres de consultation pour les femmes, etc. (Tarì, p.123)
«Pour défendre un squat, les militants fermaient le quartier en faisant des barricades dans les 150 à 200 mètres autour de la zone où vivaient les familles. Lorsqu'il n'était plus possible de tenir les barricades, les militants essayaient de s'échapper et ne restaient pas à l'intérieur du squat.» - Ugo Tassinari[1]

De la revendication à l'appropriation

Avant de parvenir à des auto-réductions de masse, les travailleurs et les travailleuses, étudiant.e.s et habitant.e.s des quartiers ont parcouru un long cycle de luttes sur le terrain social. Les auto-réductions, d'abord le fait des ouvriers et des ouvrières qui visent à réduire la quantité de travail imposée, ont été étendues sur les charges qui pèsent sur le logement (électricité, gaz, eau et téléphone). En 1975, c'est plus de 100 000 foyers qui participent aux auto-réductions en Italie: «Pour l'électricité on faisait des piquets devant les compteurs centralisés auxquels participaient aussi des ouvriers chargés de couper le courant; pour le téléphone si les lignes étaient coupées, des camarades faisaient pression sur les compagnies pour rétablir en coupant celles des institutions ou des entreprises, ou les réseaux des quartiers bourgeois.» (Tarì, p.59)

À Turin, des auto-réductions s'organisent dans les transports en commun. À Naples et dans d'autres villes du sud de l'Italie, les listes de chômeurs sont gérées directement par les assemblées autonomes et non par le bureau du travail. La vie des quartiers s'organise y compris en régulant par le bas le prix des marchandises et en expulsant les fascistes et les spéculateurs. (Tarì, p.123)

La répression

Afin d'éviter que survienne un coup d'état fasciste similaire à celui qui a chassé le gouvernement socialiste d'Allende au  Chili en 1973, le  PCI  a lancé le mot d'ordre du compromis historique [2] avec le parti des patrons. Certes il n'y  a pas eu de coup d'état, mais le PCI est  devenu l'un des plus grands ennemis du mouvement et de la révolution. La répression extrêmement élevée[3]- exercée par l'État avec la complicité du PCI-a rendu «toute action politique alternative pratiquement impossible (et) de très nombreux militants choisirent de rentrer dans les formations armées plutôt que de se rendre.» (p.301)

Voici quelques articles pour en savoir plus sur:

Les marmites autogérées et les marché gratuits: compte rendu de la dernière édition qui  s'est tenue le 19 mai 2019.[http://ucl-saguenay.blogspot.com/2019/05/chicoutimi-peau-neuve-pour-le-parc.html]
L'Espace social libre, un projet de centre social au centre-ville de Chicoutimi (le bilan)[http://ucl-saguenay.blogspot.com/2017/05/bilan-espace-social-libre-ou-la.html?q=espace+social+libre]

[1]Archives Révolutionnaires, Autonomie italienne - 1973/1979[https://archivesrevolutionnaires.com/2019/04/16/autonomie-italienne-1973-1979/]
[2]Le «compromesso storico» (compromis historique) visait à faire entrer le Parti communiste italien au gouvernement dirigé par la Démocratie chrétienne. En contrepartie, le parti et les syndicats limitaient volontairement leurs revendications.
[3]Des milliers de militant.e.s furent poursuivis et emprisonné.e.s, des centaines de personnes contraintes à l'exil et d'autres ont été assassiné.e.s.

http://ucl-saguenay.blogspot.com/2019/06/autonomie-italienne-ils-ne-voulaient.html
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